«Est-ce que l’on doit confier son destin amoureux à une appli ?» : retour de flamme pour les agences matrimoniales

Directrice de l’agence « de rencontres sélectives » Unicis-Paris Montparnasse - son groupe compte 90 agences en France - Aurélie Sorlin constate elle aussi un « gros regain d’activité depuis la pandémie ». En cette « rentrée particulièrement soutenue », cette diplômée en Sociologie du couple et de la famille, qui annonce « un taux de formation de couples de 69% », enchaîne ce soir-là les rendez-vous jusqu’à 22 heures. « Le nombre d’inscrits a triplé, et ça ne s’arrête pas !, se satisfait-elle. Plus les années passent, plus les adhérents sont jeunes. Ils se disent lassés des applis, désabusés, comme un trentenaire qui m’a parlé, hier, de ’burn out’: ces mots reviennent très souvent depuis plusieurs mois. Ils relèvent une dégradation des applis : beaucoup de monde mais des personnes qui ne sont pas forcément libres, prêtes ni équilibrées, ou qui les ’ghostent’ (ignorer du jour au lendemain, NDLR). Et puis certains utiliseraient l’IA dans leurs échanges, pour ’mieux draguer’… »
À l’ère post #MeToo, « de moins en moins d’hommes osent aborder une femme, affirme la directrice. Par peur de se faire envoyer balader ou que leur approche soit mal perçue. Quand on vient en agence, c’est aussi pour la confidentialité de la démarche : une personne occupant un poste à responsabilité n’a pas envie que ses collègues voient sa photo sur les sites de rencontre ! ».